• Cons's Story : Chapitre 37 !

     

    Chapitre 37.

     

     

     

       Accrochez vous bien, j’ai décidé d’en finir … avec la révolution de 1789 ! … Et c’est pas facile !

     

     

     

          En 1793, après la mort de Louis 16, les choses empirèrent. Attention, cela ne veut pas dire que nous allons arriver au premier empire ! Non, je veux dire par là que les évènements s’aggravèrent. Les monarchies européennes s’allièrent pour combattre la révolution et défendre la monarchie française. Ainsi, l’Angleterre, l’Espagne, la Prusse et l’Autriche formèrent une coalition et tout ce petit monde débarqua et franchit les frontières pour montrer aux sans culottes de quel bois on se chauffait chez les monarques. Ah mais !

     

          Dans le même temps, dans l’ouest de la France, en Bretagne et en Vendée, là où les gens croyaient en Dieu et au Roi, la révolte se développa, et une révolte contre des révolutionnaires, on appelle ça une contre révolution et ses adeptes des contre révolutionnaires. (c’est pas beau, ça). A Paris, on prit des mesures strictes. Et tellement strictes, qu’on appela ça la Terreur. A l’époque la convention, la nouvelle assemblée élue au suffrage universel, avait instauré un gouvernement appelé le « comité de salut public », qui était dirigé par les Montagnards. On les appelait ainsi, non pas parce qu’ils étaient originaires des montagnes, mais  parce qu’ils siégeaient sur les bancs les plus élevés de la convention. (Et il fallait y grimper là-haut !). Ils avaient évincé leurs adversaires : les Girondins qui, eux, sans jouer au foot à Bordeaux, n’étaient pas forcément originaire de la Gironde. CEs 2 partis, c’était un peu comme aujourd’hui, il y avait 2 courants différents, aujourd’hui c’est la droite et la gauche, et bien en 1793, c’était les Montagnards et les Girondins. (L’histoire est un éternel recommencement !). Il semble que les Girondins, bourgeois, gros négociants (Pas forcément en vin de Bordeaux), soient plutôt de droite, et les Montagnards, plus près du peuple, plutôt de gauche, mais je n’en suis pas sûr.

     

           Et puis il y a le comité de sûreté générale, qui regroupe la police et le ministère de la guerre. C’est ce comité qui est chargé de lutter contre les royalistes, les nobles, les prêtres réfractaires, tous les contre révolutionnaires, ainsi que les ennemis de la république. C’est ce comité de sûreté générale qui va pratiquer la « levée en masse », c'est-à-dire que tous les célibataires seront enrôlés dans l’armée pour combattre les ennemis de la république. Et ça, ça n’a pas plu, ça a même été une des causes des soulèvements dans les provinces et notamment en Vendée.

     

          Bref, ça va être la Terreur. On arrête, on traduit devant le tribunal révolutionnaire, on condamne  et on guillotine joyeusement. (La place de la Concorde sera notre place Rouge à nous !).

     

          Donc,aux environs de mars 1793, à Paris, les Girondins sont évincés du gouvernement par les Montagnards menés par Danton, Marat, Robespierre et Saint-Just, alors qu’en province c’est le contraire. (C’est ça la France !)

     

          Petite anecdote : j’ai cité Marat, le fondateur du journal : « l’Ami du Peuple », et oui, on a créé les journaux pendant la révolution, et bien il lui est arrivé quelque chose de pas banal. Figurez vous qu’en juillet 93, il a été arrêté, traduit devant le tribunal révolutionnaire, et … acquitté ! Et oui, il y avait des gens acquittés, mais bien peu ! Et bien le 13 juillet, alors qu’il fêtait sa sortie de prison en prenant un bain, (les prisons n’étaient pas d’une propreté exceptionnelle), on frappa à sa porte. Malheureusement pour lui, il dit : « Entrez ! ». Ce fut Charlotte Corday qui entra. Il se retrouva face à son destin. Charlotte leva son couteau et frappa Jean Paul … Paf !. (Marat s’appelait Jean Paul), le malheureux en décéda. C’est souvent le cas quand on reçoit un coup de couteau dans la poitrine. (Il avait du faire des misères à Lolotte). C’était bien la peine d’avoir été acquitté par le terrible tribunal révolutionnaire !!

     

          Bon, c’est pas tout ça, la république était menacée aux frontières, mais on eut recours à la conscription, ce qui ne plut pas à tout le monde. On se défila, et le comité de sûreté générale s’occupa des déserteurs : ils furent passés à la bascule à Charlot. Cette méthode ramena des volontaires dans l’armée révolutionnaire, et à Fleurus, on colla une déculottée aux coalisés grâce  aux fameux soldats de l’an 2 chers à Victor hugo. Ah mais !!

     

          A l’intérieur, la guerre de Vendée s’intensifia. Les nobles levèrent une armée parmi les paysans restés fidèles à Dieu et au roi. Ce fut une véritable guerre civile qui dura jusqu’en 96. Une guerre des blancs contre les bleus. (Les blancs royalistes, et les bleus républicains. Un mélange de jeu d’échec et de baby-foot ! … euh …pardon). (1)

     

          Durant ces guerres, il y eut bien des massacres. Là encore le génie humain fit preuve d’une ingéniosité monstrueuse. Citons parmi quelques joyeusetés : Les noyades de Nantes, durant lesquelles on mettait les «terroristes» dans des bateaux pour, soit disant les déporter, et arrivé au large on ouvrait les fonds de cale pour ‘vider le chargement’. Il y eut encore les «colonnes infernales» du général Turreau qui massacraient des villages entiers, hommes, femmes et enfants, non sans avoir, auparavant, brûlé, pillé et violé. Un exemple, ce massacre, je ne me souviens plus dans quel village, où un général républicain se vanta d’avoir exterminé toute la population en les faisant piétiner par la cavalerie, et qui fit son rapport en disant à peu près ceci : « Nous avons exterminé tout le monde : les hommes, les enfants pour qu’il n’y ait plus de contre révolutionnaires, et les femmes pour qu’elles n’en fassent plus ! ». (Sans commentaire. Quand je dis : la connerie humaine … !) Mais il paraît que toute révolution doit en passer par là !!! Enfin, tout le monde n’avait pas dû lire la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. (C’est vrai qu’à l’époque il y avait beaucoup d’illettrés).

     

          Bon, au même moment, à Paris, on travaillait à sauver la république et Robespierre avait pris le pouvoir, et menait son monde à la baguette et à la guillotine. Il a même fait guillotiner  bon nombre de ses amis !! (Il ne gagnait pas à être connu !). La Terreur était à son comble, et il fit le vide autour de lui. Ainsi, en avril 94, Danton, après un procès inique fut conduit à l’échafaud. Quand sa charrette passa devant la demeure de Robespierre, qui regardait derrière ses volets clos, Danton tendit un poing vengeur vers les fenêtres de son ancien «collègue», et cria : « Robespierre, ce sera bientôt ton tour !! ». Puis, arrivé sur l’estrade, il s’adressa à Samson le bourreau, et lui dit : « Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine ! ». Et Samson fit son œuvre. Pas de chômage pour Samson. (2)

     

          Les propos de Danton, à l’encontre de Robespierre furent prémonitoires. Dans les mois qui suivirent, la popularité dont jouissait Robespierre (hé oui ! Les «aussi-pires» ont souvent été populaires), cette popularité donc, baissa. Il fit même une bourde à la Convention en parlant des ennemis de la république dans une de ses diatribes, il déclara que certains députés en étaient, mais il eut le tort de ne pas les nommer … ! Imaginez un peu ! Une rumeur à cette époque là !! … Et ce qui devait arriver, arriva. Fin juillet, on l’arrêta. Mais les «Sans-culotte» le libérèrent et le conduisirent à l’hôtel de ville. Le lendemain, il fut arrêté par la troupe envoyée pour se saisir de sa personne. Dans la bagarre, un coup de pistolet partit, et ce pauvre Robespierre reçut la balle dans la mâchoire. (Quelqu’un avait,sans doute, une dent contre lui !). Pour le coup de feu, les avis divergent, on parle d’un gendarme (dont j’ai perdu le nom), d’autres parlent d’un suicide manqué. Toujours est-il que Rob… fut guillotiné le lendemain. C’était le 9 Thermidor … !! (28 juillet 1794). M …, c’est vrai, j’ai oublié de vous dire que Fabre d’Eglantine, un poête auquel on doit la chanson : il pleut, il pleut bergère, avait pondu un calendrier qu’on avait qualifié de, je vous le donne en mille Emile, révolutionnaire. Il était composé de 12 mois, je crois, de 30 jours, avec des noms bizarres parmi lesquels :  Nivôse, Pluviose, Ventose, Fructose, … euh, non pas Fructose, ça c’est un sucre, non le mois révolutionnaire c’est : Fructidor. Et il y avait aussi : Prairial, Vendémiaire, Brumaire, Frimaire, (ça n’est pas le mois des frimeurs, je crois que c’est décembre), Messidor  et donc, Thermidor. Et Thermidor, c’est JUILLET, celui là, je le sais. Mais pour moi, Thermidor, ça évoque plutôt le homard : le homard thermidor, évidemment, bien que j’ai une préférence pour la recette de Feu mon copain Guy : le homard grillé et flambé au Xérès ! Hmmmmm ! Ah oui, c’est bon ! Demandez à Tsitsi, mon épouse bien aimée. Mais revenons à nos moutons !

     

          Dans ce calendrier révolutionnaire, les années étaient différentes. Ça commençait le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la république. Ça, c’était l’an 1. L’an 2 aurait dû commencer le 22 septembre 1793. Mais C’est pas sûr, puisque les mois révolutionnaires n’avaient pas le même nombre de jours que le calendrier Grégorien qui nous régit actuellement. … Aïe,aïe, aïe, j’ai du mal à suivre. … !

     

          Mais je m’égare, je m’égare. Où en étais-je ? Ah oui, Robespierre est mort ! Vive le Robesp… ! Mais qu’est ce que je raconte moi ? C’était pas un roi !!!  La mort de Robespierre, c’est plutôt une bonne nouvelle.

     

             Après la chute de Robespierre, les « thermidoriens », comme on les a appelés, mirent fin à la Terreur. Finie la loi des suspects qui permettait d’arrêter les émigrés, les prêtres réfractaires, et en général tous ceux que l’on considérait comme des ennemis de la république. Finis aussi les tribunaux d’exception. Et enfin, ils mirent fin à la guerre civile en Vendée. Ils firent une nouvelle constitution avec deux chambres, dont le conseil des 500. (Et 500 dans une chambre, c’est beaucoup pour une partouze !) Finalement ça a abouti au Directoire dont je me rappelle surtout qu’il avait un certain style. (lol). … Pendant le directoire, (il y avait 5 directeurs, (normal). C’étaient peut-être comme des ministres. A ce moment là, on vécut une période d’instabilité. Il y eut la deuxième coalition, Royaume Uni, Russie et Autriche. Les armées françaises avaient du mal au nord, mais en Italie ils remportèrent des victoires grâce à l’armée du jeune général Napoléon Bonaparte. Après son coup d’éclat au pont d’Arcole, où il galvanisa les troupes en traversant le pont en première ligne en portant un drapeau tricolore, il vola de victoires en victoires et ça aboutit au traité de Campo-Formio avec l’Autriche.

     

          Les Directeurs s’émurent, à juste titre, de l’ambition du général Bonaparte, et donc on l’envoya en expédition en Egypte, soit disant pour couper le Royaume Uni de la route des Indes, mais c’était surtout pour l’éloigner de la scène politique. N’empêche, c’est là, en Egypte, qu’il prononça sa première citation historique avec son fameux : « Du haut de ces pyramides, 40 siècles vous contemplent ! ». Il s’adressait à son armée.

     

          En tout cas, le directoire ne pût pas le tenir éloigné longtemps, car la situation économique était lamentable. La dette de la France atteignait des sommets qui n’ont eu d’égale que la dette actuelle. C’est vous dire !! La monarchie absolue, puis 8 ans de révolution avaient mis l’économie par terre. Au début de la révolution, on avait émis les «assignats», monnaie de papier remboursable par les terres confisquées aux nobles émigrés et au clergé : les «biens nationaux». Mais les assignats ont vu leur valeur fondre comme mes économies … ! On les a remplacés par autre chose, toujours en papier, je ne sais plus quoi, je fatigue, mais ça n’a pas eu plus de succès que les assignats. Finalement, le Directoire déclara la banqueroute de deux tiers de la dette, c'est-à-dire qu’on a réduit la dette des deux tiers, tout simplement en  faisant une soustraction ou une rature. Mieux valait ne pas être créancier de l’état. (Tant pis !). Et voilà, on s’était dit que ça redémarrerait, d’autant que les victoires des armées amenaient du ravitaillement au pays qui avait grand faim. … !

     

          Tiens, à propos de Bonaparte, je me souviens tout à coup qu’il avait été surnommé le général vendémiaire. (Octobre en Grégorien). J’ai donc recherché quand cela s’est passé. Il s’agit d’octobre 1795. Il y a eu une insurrection de royalistes, qui alliés à des gardes nationaux menacèrent la convention. Les Thermidoriens, alors au pouvoir, demandèrent à plusieurs généraux, dont Bonaparte,  de défendre la convention qui se tenait aux Tuileries. C’est le général Bonaparte qui chargea un de ses officiers de s’emparer des canons, et de les placer dans toutes les rues qui menaient à la convention. Quand les royalistes arrivèrent, les conventionnels donnèrent l’ordre de tirer. Bonaparte décida alors de faire donner les canons à la mitraille. Ça dura ¾ d’heure. Ce fut un massacre, et les rescapés furent condamnés à mort. Les marches de l’église Saint Roch étaient jonchées de cadavres, et l’église porte encore aujourd’hui, les traces de la mitraille. C’est de ce jour que Bonaparte connut la «notoriété», et qu’on le surnomma le «général vendémiaire».

     

    Allez, ça suffit pour ce coup ci. Je n’ai pas été très drôle, mais la situation ne prêtait pas à rire. Espérons que l’empereur sera plus drôle.

     

     

     

    (1)- Vous pouvez trouver des détails sur les guerres de Vendée dans : Quatre-vingt-treize, le livre de Victor Hugo. Et aussi dans un autre registre, dans les films :  les mariés de l’an 2 avec jean paul Belmondo (dans le rôle qui a échappé à  Jean Marais) et Marlène Jobert, et les Chouans. Chouans, c’est le nom qu’on donna aux bandes de vendéens.

     

    (2)- Vous pouvez voir un excellent film : Danton avec Gérard Depardieu. « Mon ami Gérard, mêêêrveilleux dans le rôle de Jacques Georges Danton ! » comme aurait dit Jean Claude « Brille au lit », hélas disparu, lui, mais pas guillotiné !.

     

    A suivre …

     

    (LA SEMAINE PROCHAINE : NAPOLEON BONAPARTE. (ça empire).)

     

    « Cons's Story: Chapitre 36 !Cons's Story : Chapitre 38 ! »

  • Commentaires

    1
    Mardi 26 Avril 2016 à 13:21

    Je viens de lire tes derniers articles mon ami, l'histoire toujours aussi sanguinaire et un vrai conteur, je te bois comme du petit lait... pas Stéphane Bern mais .... tu n'es pas loin, il manque les clichés .

    Très intéressant et des passages un peu oubliés même si nous parlons souvent d'histoire avec mon fils Stéphane absolument féru d'histoire ... et une mémoire prodigieuse ...

    Ce n'est pas étonnant mon ami que tu es parfois mal à la tête au rythme où tu fais tes parutions, un vrai chef d'oeuvre encyclopédique !!

    Bon mardi à toi,

    Bise du jour

    Christiane

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    2
    Mardi 26 Avril 2016 à 20:00

    Passionnants tes textes... une histoire de fous sanguinaires et c'est malheureusement pas de la fiction !

    Bonne soirée

    3
    bébéturlent
    Mercredi 27 Avril 2016 à 08:41

    tu dis qu'à l'époque, tout le monde ne savait pas lire mais tu sais, aujourd'hui

    beaucoup ne savent pas écrire, lire ou parler correctement, ET ON EST EN 2016 !

    4
    Mercredi 27 Avril 2016 à 11:14

    aurais-je oublié l'histoire  complète de Marat assassiné ? les livres disent-ils qu'il avait été graçié avant d'ouvrir à Charlotte ?oops. La vendée étant limitrophe de mes deux-sèvres, à 15 kms de chez moi, tu penses que la guerre des chouans c'est mon livre de chevet. Si tu as entendu parler du Puy-du-Fou, ce merveilleux spectacle  dont De Villiers en fut le réalisateur retrace tous les ans cette guerre des chouans, c'est extraordinaire, il est connu dans le mon de entier.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :